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13/09/2009

Manuel Rivas, A desaparición da neve, Alfaguara, 2009

Lean el texto en castellano:

Reseña M. Rivas Cast.pdf

 

 

Ceux qui ont vu La Langue des papillons (La lengua de las mariposas, José Luis Cuerda, 2001) conviendront que le film, éblouissant de beauté et à la trame déchirante, est une référence incontournable pour qui souhaiterait apprécier la subtilité et l'écriture de Manuel Rivas.

C'est à juste titre que le recueil ¿Qué me quieres amor? (Alfaguara, 1995), dans lequel avaient été publiées cette nouvelle, ainsi que CarmiñaUn saxo en la niebla (« Un Sax dans le brouillard »), dont Cuerda s'était aussi inspiré, a été couronné par le Prix Torrente Ballester et le Prix National du Roman, et traduit en français sous le titre La Langue des papillons et autres nouvelles (Gallimard, 2003).
(« Carmiña ») et


Aujourd'hui encore, il n'est pas anodin de trouver dans l'État espagnol des écrivains dont les œuvres paraissent à la fois en galicien et en castillan.

C'est pourtant le cas de Manuel Rivas qui, dans son dernier livre (A desaparición da neve, « La disparition de la neige »), dépasse ce stade pour publier un recueil dans les quatre langues de la péninsule et prouve, grâce à cette initiative, que pluralité et identité peuvent très bien cohabiter dans une même nation.

(Verra-t-on jamais, en France, pareille démarche en occitan, français, basque et breton - langue qui, au reste, est considérée comme « très menacée », par le patrimoine culturel de l'Unesco - ou n'importe quelle autre des vingt-six langues dites « minoritaires » de la Métropole ?)


A desaparición da neve est un véritable joyau pour le lecteur, notamment s'il lui donné de le lire dans plusieurs de ces langues.


Il serait difficile de rendre la densité et la richesse du recueil dans toute leur intégrité.

On y retrouve, concentrés avec une grande dextérité, tous les motifs et les ressources stylistiques auxquels le célèbre chroniqueur du journal El Pais a l'habitude de faire appel pour exprimer ses sentiments, ses idées : la précision quasi chirurgicale des détails dans la construction des paysages, le conflit de l'être avec l'Histoire, la tourmente de la guerre...Tout comme la neige, à qui le charpentier attribuait quarante tons de couleur différents (Le Crayon du charpentier, Gallimard, 2000), le recueil possède quarante poèmes polymorphes, au rythme et au mètre fluctuants : litanies, épigrammes, manifestes se succèdent les uns aux autres, et le français, l'anglais, le latin, et même les codes internationaux de communication - « Mayday » - s'enchevêtrent parfois avec le galicien (ou, bien sûr, le castillan, le catalan et le basque).

Rivas procède par petites touches et crée à travers les mots une surprenante symbiose entre des univers très différents : le jeu sur la lumière et les sonorités, l'importance des oxymores - la cécité du clairvoyant, les clinquantes revendications d'un « appel manqué » (l'acronyme « GALICIA LIBERDADE AMOR ») -, le rôle primordial de la nature et des quatre éléments qui la composent, les renvois intra et extratextuels, les dédicaces à des poètes galiciens célèbres, l'expression de la tristesse (ou saudade, le plus souvent dans le texte) et de la détresse humaine (parfois à travers l'image de la désintégration du corps), tissent une puissante toile d'araignée dans laquelle le lecteur est absorbé.

Le regard jeté sur la terre et sur la mer fait palpiter les pages tout entières, confère au recueil une allure fortement sensuelle : elles ébranlent le lecteur, lui font éprouver les douleurs et la souffrance qu'elles renferment, leur goût et leur odeur.

Le corps, lui, est exploré centimètre par centimètre, palpé, senti, séduit...Le poète navigue, également, entre passé et présent : la culture des champs, le cinéma et le vocabulaire photographique, des références à Ingres ou à Poussin et l'évocation des graffiti et du pop art, se côtoient dans chaque vers et s'éclairent réciproquement.

Peut-on voir dans « A enigmática desorganización » (« L'énigmatique désorganisation »), un souvenir de la pièce, El hombre deshabitado, de Rafael Alberti à laquelle ferait écho la « romance d'un aveugle / dans laquelle tout se raconte / sans crainte et sans espoir » (v. 31-33) - allusion à toute une tradition littéraire espagnole allant du xviie au xixe siècles ?


De cette belle mosaïque se dégage la figure du poète, mais surtout celle de Rivas en personne. Dans tous et chacun de ces détails, le lecteur y retrouve l'homme engagé, profondément enraciné dans son pays, qui se bat pour que sa langue et sa culture soient appréciées à leur juste valeur, son goût prononcé pour la peinture, également, et sa voix clamant la paix et la liberté.


Le CD qui accompagne l'ouvrage, et dans lequel l'auteur récite plusieurs de ses poèmes, nous permet de percevoir davantage encore la beauté du galicien et la profondeur des textes produits, mais aussi d'appréhender les contraintes que suppose une mise en musique (suppressions, ajouts) ou ses avantages (polyphonie et jeu d'échos, par exemple).


D'un point de vue linguistique, le recueil est tout aussi édifiant.


Rivas est loin de suivre les mêmes critères poétiques que Ramon Dachs lors de la publication de Blanc : topoèmologie et de Cima branca (voir l'entretien ci-dessous).


Ici, les poèmes ont été traduits en castillan par l'auteur, en catalan par Biel Mesquida et en basque par Jon Kortazar.

Aussi est-il intéressant de noter la manière dont les mots se transforment d'une plume à l'autre : ce que le castillan et le catalan nomment « mirarollar ») en galicien . L'idée d'une contemplation prime chez les uns (mirare, en latin : admirer), alors que pour les autres c'est l'organe à travers lequel l'objet est perçu qui prévaut.
» (« regarder ») se dit « zieuter » («

De même, dans le poème « Así se fai un poeta » (« Ainsi naît le poète »), Lela da Pastora dit en galicien « Continue de bâtir toujours des tours dans l'air » alors que le catalan et le castillan lui font dire « Ne cesse jamais de bâtir des tours dans l'air ».

(Je m'en tiens à ces deux langues car je ne connais malheureusement pas le basque...)


Pour vous donner un avant-goût de l'œuvre elle-même, j'ajoute ci-dessous l'un des poèmes dans chacune des quatre langues, ainsi qu'une traduction française, que j'ai effectuée d'après le texte galicien, avec l'aide de ses traductions en catalan et en castillan.

Si vous le souhaitez, vous trouverez également le poème liminaire du recueil sur la page d'auteur des éditions Alfaguara.


Je tiens à remercier l'auteur et Alfaguara pour m'avoir autorisée à mettre ces textes en ligne.

 

 

Pour une lecture plus amène des textes, vous pouvez les télécharger ici:

¿Oes chegar a Angel González?.pdf

 

 

 

 

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Trad. : Manuel Rivas

 

 

 

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Trad. : Biel Mesquida

 

 

 

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Trad. : Jon Kortazar

 

 

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Entends-tu arriver Ángel González1 ?


Un mot plus le suivant me donnèrent le troisième.

edda poétique



Le 11 mai arrivera sur les plages

Le premier mot

Avec ses pas de nuage monté sur échasses.

Il sera porté dans les trois mille tavernes

Et les trois librairies de l'Ancien Règne.

Il sera porté dans les airs, alléluia,

Et passera le gué du fleuve, alléluia,

Là où succombent

Les arbitres de football

Et les orateurs trop sobres.

Le deuxième mot

Nous le recevrons de l'intérieur

Et le heurtoir du seuil

Sonnera tel le cœur d'un cavalier

Serré contre ses os

Avec une noblesse d'une vaillante mélancolie,

Il tiendra par les anses

La machinerie mémorielle de la magie

Avec ses lettres aux chaussettes blanches.

A toi, désormais, de dire le mot suivant.

Il te brûle les lèvres.

Son haleine seule

Allumera l'allumette

Et la longueur de sa flamme

Sera celle de ta vibration.




Trad. : Marta Martínez Valls


1 Ángel González (Oviedo, 1925-Madrid, 2008) : poète espagnol et membre de la Real Academia Española de 1986 jusqu'à sa mort. Il a obtenu de nombreuses consécrations au cours de sa carrière dont les Prix Antonio Machado (Cotlliure) en 1962, Casa de las Américas (Cuba) en 1969, et le Príncipe de Astúrias (Espagne) en 1985 et le Prix international de Poésie de Salerne (Italie) en 1991. Il a côtoyé de nombreux poètes du « milieu du siècle », dont Jaime Gil de Biedma, José Ángel Valente et José Augustín Goytisolo. Voir sa fiche complète sur Wikipedia.

 

 

 

Commentaires

Ciao Marta!
Il faut préciser que mon avis reste très partiel et un peu 'amateur'; faute de mon français et de ma connaissance limitée en matière des poèmes et des langues, puisque j’ai surtout fait de la philosophie, et que je suis de langue maternelle italienne.
Mais je peux te dire, pour ce qui concerne la critique du livre, qu'elle est très bien faite, elle m'inspire à le lire (même si tu n'explicites pas trop le contenu conceptuel, tu montres la force expressive et charnelle de la langue, qui donne mouvement au livre).
Le poème il faut que je le lise encore quelques fois pour saisir tout son sens, sa trame réelle... (d’ailleurs, pourquoi as-tu choisi celui-ci et pas un autre ?)
Mais pour ce qui concerne la phonétique, elle est harmonieuse, pas du tout achée. Il faudrait que je connaisse la langue d'origine....mais pas possible...
P.S. Peut-être pourrais-tu donner, à la fin, une aide aux gens qui, comme moi, ne possèdent pas les instruments théoriques et historiques pour comprendre le poème que tu traduis en français. Bref, quand tu voudras, il faut que tu m'expliques le sens de ce poème, je suis très curieuse!!!
Alice

Écrit par : Alice | 13/09/2009

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Salut Alice,
Je te remercie pour ton commentaire, qui m’a fait très plaisir.
Tu n’as pas à t’inquiéter pour ton regard « amateur » : justement, ce blog s’adresse à un vaste public, connaisseur ou non de la poésie et des langues. Mon but est de faire apprécier au plus grand nombre de personnes des livres qui méritent d’être connus, à mon avis.
Ma note a sûrement des points faibles, elle est forcément subjective.
Du reste, il est très probable que d’autres gens n’aient pas aimé l’ouvrage.
Mais il est difficile d’être à la fois clair et précis dans un billet de ce genre : ne pas lasser le lecteur par la longueur, lui laisser le plaisir de découvrir les aspects cachés, enfouis dans le poème… Ce sont aussi les mots d’ordre auxquels je me soumets.
Pour le contexte historique, je ne sais pas trop à quoi tu fais référence ? Peux-tu m’en dire davantage ?
Quant au choix du poème… Très difficile, en effet.
Je souhaitais d’abord publier celui qui s’intitule « Así se fai o poeta », mais cela me semblait trop banal. Une option trop facile…
J’ai changé d’avis au tout dernier moment, alors que je l’avais déjà traduit.
Il faut avouer que ma sélection a été sujette à de nombreuses contraintes : la longueur du poème, par exemple.
Si je souhaitais publier les cinq textes à la suite il fallait aussi que cela ne prenne pas trop de place pour le lecteur qui, du coup, aurait très bien pu arrêter sa lecture.
Evidemment, je pouvais opter pour un poème plus court, mais celui-ci m’inspirait : en toute sincérité, je ne saurais te dire « pourquoi » (mais au fait !, toi, la philosophe, le beau n’est-il pas « ce qui plait universellement sans concept » ?). En tout cas, son contenu, sa sobriété me plaisaient… et l’exergue a un « je-ne-sais-quoi » qui me donne envie de pousser plus loin mes réflexions.
Je pense qu’il recèle en lui toutes les idées que l’auteur développe ailleurs, et surtout qu’il représente le sens même de l’écriture et de la poésie. La parole ! Quelle étrange bête !
C’est d’ailleurs le terme utilisé par l’auteur : après tout, peut-être aurais-je dû le garder… Qu’en dis-tu ?
J’espère que ces commentaires auront su répondre à quelques unes de tes questions. N’hésite pas à m’interroger davantage si cela ne t’a pas semblé trop clair… ni à critiquer !

Écrit par : Marta Martínez Valls | 13/09/2009

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Hola Marta,
Els teus textes sobre el Rivas....
Els meus comentaris són de persona de carrer i d'impressió general però t'he de dir que m'ha agradat llegir-los en el sentit que m'han obert la curiositat per l'autor, per com escriu, saber de què parla etc... i fins i tot tinc ganes de llegir alguna cosa que tu ja em recomanaràs.
Utilitzes paraules molt boniques per parlar del poemari que indueixen a entendre la sensibilitat de l'autor. S'enten que ell es situa en un passat-present en el que l navega. L'autor i l'editorial estan obertes a diferents sensibilitats linguüsitiques, cosa que reflexa la seva sensibilitat i respecte i reconeixement per les altres llengues estatals. M'agrada la veritat que dius de França, on és difícil trobar exemples semblants.
Referent al poema de tradueixes, els mots que arriben ... no en puc entendre el sentit encara que les traduccions m'hagin agradat. Em podries fer algun comentari si et plau sobre què s'ha d'entendre ? Gràcies marta
Bé Marta, trobo que ha de donar molta felicitat poder submergir-se en aquest mon creatiu de les paraules que recreen el món d'una manera tan poètica ! Sento el gust d'aquesta bellesa que només de manera molt fugaç em visita algunes vegades.
Gràcies per haver-m'hi apropat.

Écrit par : Rosa | 14/09/2009

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Rosa,
Aquest blog es vol plurilingüe (saps que m’estic temptejant per veure si no el traduiré en occità, també, el poema ?), així que n’aprofito i et contesto en la nostra estimada llengua. (Una traduccio en francés també hi serà)
Primera cosa : però perquè us fa tant respecte, a tots, comentar coses que s'adrecen a vosaltres, precisament, la gent de carrer, els "amateurs" com deia l'Alice ?!
El fet és que la nota us hagi arribat a interessar i que tingueu ganes de llegir el llibre, i em fa molt feliç saber que he pogut arribar a aquesta fi: l'obertura de l'autor i de l'editorial cap a les llengües és molt lloable, efectivament, de la mateixa manera que és lamentable la situació lingüística de l'Estat francés en aquest precís moment : 13 d’aquestes 26 llengües estàn considerades com « seriosament en perill » per la UNESCO, 8 com a « en perill » i 5 en situació « vulnerable ».
Però ves... S'hi pot fer res?
Pel que fa al poema, ja ets la tercera persona que m'ho demana: suposo que s'ha de llegir més d'una vegada, que és molt profund. Un cop més em refugiaré en el Kant que la Bellesa és el que agrada de manera universal, sense concepte.
No et puc fer una explicació del poema com si fossin matemàtiques. El poema t'ha de penetrar pels porus, l'has de sentir dins teu.
Però potser sòc jo qui no he sabut transmetre la força dels versos?
Segurament, qui deu estar més a l'alçada per contestar-te és en Manuel Rivas en persona, al cap i a la fi...
Tens raò submegir-se en el món creatiu de les paraules dóna molta felicitat, també és un exercici extremadament perillòs: per això mateix també m'agrada rebre crítiques...
Gràcies de tot cor per les teves paraules i fins aviat

Écrit par : Marta Martínez Valls | 14/09/2009

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Traduction française du pécédent commentaire :

Rosa,
Ce blog se veut plurilingue (sais-tu que je suis en train de me demander si je ne le traduirai pas également en occitan, ce poème ?). Aussi, j’en profite pour te répondre dans notre chère langue, le catalan ! (Et j’ajoute quand même une traduction française.)
Tout d’abord, petite question : pourquoi avez-vous, tous, tellement peur de commenter des notes qui s’adressent justement à vous, les personnes « lambda », les « amateurs », comme disait Alice ?!
Le plus important est que mon billet soit arrivé à vous intéresser et que ayez envie de lire le livre, et je suis heureuse d’apprendre que je suis parvenue à mes fins : l’ouverture de l’auteur et de la maison d’éditions envers les langues est très honorable, en effet, de même qu’il est lamentable que la situation linguistique de l’Etat français en ce moment précis soit telle : treize des vingt-six langues citées sont considérées comme « sérieusement en danger » par l’UNESCO, huit d’entre elles comme « en danger » et cinq comme « vulnérables ».
Mais, que veux-tu ? Comment résoudre le problème ?
En ce qui concerne le poème, tu es la troisième personne à me poser la question (quel est son sens ?) : j’imagine qu’il faut le lire plusieurs fois, qu’il est très dense et très profond. Une fois de plus, je vais me réfugier chez Kant : le « Beau est ce qui plaît universellement, sans concept ».
Je ne peux pas t’expliquer le poème par A+B (même si ça fait trois… comme les mots !)
Il faut que le texte pénètre par tes pores, que tu le sentes à ton intérieur.
Peut-être est-ce moi qui n’ai pas su transmettre la force des vers ?
Sans doute serait-ce Manuel Rivas en personne le plus à même de te répondre, en fin de comptes…
Mais tu as raison : se plonger dans le monde créatif des mots confère un réel plaisir.
C’est également un exercice extrêmement périlleux : c’est pourquoi j’aime aussi recevoir des critiques…Merci, de tout cœur, pour ton commentaire à toi et à bientôt !

Écrit par : Marta Martínez Valls | 14/09/2009

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Hola,
Tot arriba, fins i tot jo, després de tants dies...

M'ha agradat molt el teu post. Com pots comprendre, hi he trobat punts en comú amb el meu. És així: magnífic. La resta, tota aquesta base teòrica que teniu els traductors, te l'envejo molt (jo sóc de ciències).
La veritat és que encomanes apreci per un autor que bé s'ho mereix.

M'he passejat per la teva pàgina, això volies, oi? tot ha funcionat, he escoltat la Maria del Mar Bonet, he llegit varis posts...en fi, ok.
Aniré passant, aprendré, refrescaré el meu francès.

Molt contenta, considero un plaer haver-te conegut.
Una abraçada.

Écrit par : Fractal | 23/09/2009

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Hola Fractal,
t'agraeixo molt el comentari.
Celebro que el blog t'hagi agradat: no dubtis a deixar comentaris en els posts que has llegit, m'interessa molt l'opinió dels lectors!
Pel que fa a la glosa lingüística, espero que no es faci massa feixuga per vosaltres ja que, com ho deia a la Rosa i l'Alice, voldria captar l'atenció de tothom, fins i tot dels que no hi tenen experiència.
I, a part, espero no dir-hi massa bajanades!
Una abraçada i fins aviat

Écrit par : Marta Martínez Valls | 23/09/2009

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